Pour tous

Le Musée de Grenoble reçoit un prêt exceptionnel du Centre Pompidou : 120 œuvres de l’artiste Joan Miro, dont les trois « Bleu ».

L’expression est souvent utilisée mais là, elle prend tout son sens. Le Musée de Grenoble a ouvert son « exposition-événement » : « Miro, un brasier de signes ». Le Musée de Grenoble présente, grâce à un superbe prêt du Centre Pompidou à Paris, plus de 130 œuvres de l’artiste catalan Joan Miro. L’exposition comprend aussi des œuvres de la Fondation Miro de Barcelone et les propres œuvres du Musée de Grenoble. Ce musée est en effet l’un des premiers à faire entrer dans ses collections une toile de l’artiste en 1928 : « Personnage au rectangle blanc ». L’exposition appréhende toute la carrière du peintre, des années 20 aux années 1970-1980. L’expression, « Un brasier de signes » provient de Jacques Dupin, son biographe.

La présence des trois « Bleu »

L’exceptionnel, c’est la présence des trois « Bleu ». Les trois toiles monumentales réalisées en 1961, investissent la salle 9. Les œuvres sont épurées : le bleu est animé de quelques signes qui vont s’amenuisant jusqu’à la troisième toile. La couleur bleue, métaphysique par excellence, permet l’immersion et la contemplation.

Voici quelques lignes sur le déroulement du parcours. Rien ne remplace la rencontre avec les œuvres. Comme dit Candice Humbert, responsable du service des publics au Musée de Grenoble, « Miro est un artiste universel, intergénérationnel. Tout le monde est invité à découvrir cet artiste exceptionnel. L’exposition est accessible à tous ».

Le parcours

La première salle est consacrée aux origines, dite « période détailliste ». C’est le moment des premières peintures de Miro, inspirée par ses séjours dans le village catalan de Montroig. Les salles 2 et 3 se penchent sur l’atelier de la rue Blomet à Paris et les « peintures de rêve », qui concernent les années 1925-1927. Miro s’installe à Paris et se lie avec de jeunes écrivains : Paul Eluard, Tristan Tzara, Michel Leiris, René Char, etc. « La rue Blomet, c’est un lieu, un moment décisif pour moi. J’y ai découvert tout ce que je suis, tout ce que je deviendrai », confie-t-il. Avec ces « Peintures de rêves », l’artiste se « dégage de toute convention picturale » comme il l’écrit lui-même. Ces peintures s’épurent. Les fondements de son « Miromonde » prennent place. Signes peints et formes insolites surgissent dans les tableaux, comme une langue nouvelle : escargot, tâche, étoile, point, virgule, pointillé, spirale, flèche …

Les salles 4 et 5 dévoilent les années 1929-1933. Miro se livre à des explorations matiéristes : il expérimente le collage. Il utilisera de multiples supports pour ses peintures : toile, carton, papier, et même le papier journal. Miro est aussi un artiste complet : il composera aussi des sculptures (il réalisera plus de 400 sculptures pendant sa carrière), des céramiques, des gravures, des lithographies.

Les salles 6 et 7 montrent les œuvres des années 1940 à 1955. Miro se rend fréquemment en Normandie, à Varengeville-sur-Mer où vivent Raymond Queneau, Georges Duthuit et Georges Braque. C’est l’époque des « Constellations », une série de peintures en petit format, qu’il poursuivra durant la guerre à Barcelone puis à Palma de Majorque. Ces « Constellations » représentent l'ordre cosmique : les étoiles font référence au monde céleste, les personnages symbolisent la terre et les oiseaux sont l'union des deux.

Miro embarque pour la première fois vers les États-Unis en 1947. La découverte de l’art américain constitue pour lui un tournant. Déterminé à quitter la « peinture de chevalet », il privilégie les formats monumentaux.

La salle 9 comprend les trois « Bleu ». Les salles 11 à 18 suivent les années 1970, marquées par une effervescence nouvelle dans la création. Miro n’hésitera pas à brûler, lacérer ou maculer ses toiles de mille façons.

La salle 12 offre le monumental tableau « Personnages et oiseaux dans la nuit » de 1974. La toile est envahie par le noir, couleur qui prend de plus en plus de place dans ses œuvres.

Les salles 8, 9 et 10 s’arrêtent sur les années 1960. Miro est installé dans son nouvel atelier de Palma de Majorque et montre l’influence de l’expressionnisme abstrait américain, la calligraphie orientale et la peinture japonaise.

Le musée ouvert en nocturne le jeudi

L’exposition est présentée jusqu’au 21 juillet 2024. Un livret « Enfant » est disponible à l’accueil. Visites guidées, visites en familles et ateliers jeune public sont prévus. Dans le cadre de cette exposition exceptionnelle, des nocturnes sont mises en place : le Musée de Grenoble sera ouvert tous les jeudis jusqu’à 21h. Entrée payante.

Voici les rendez-vous jeunesse autour de l’exposition.

Les propositions jeune public commenceront donc en même temps que l’ouverture de l’expo, le 20 avril pour la deuxième semaine des vacances scolaires. Pour s’imprégner de l’univers magique de Miro, au pays des étoiles, des formes, des taches et de drôles de bestioles, des visites en famille, soit avec les enfants de 2 à 5 ans, soit avec des enfants de 6 à 11 ans, auront lieu tous les jours de la semaine le matin (sauf le mardi, jour de fermeture du Musée). La visite est rythmée par des jeux et des lectures. Les visites « Freestyle » proposées aux ados auront lieu de 14h à 15h. Si vous décidez de visiter librement l’exposition, demandez le livret « jeune » à l’accueil (dès 6 ou 7 ans). « Miro est un artiste universel, intergénérationnel. Tout le monde est invité à découvrir cet artiste exceptionnel », conclut Candice Humbert, responsable du service des publics au Musée de Grenoble. Des ateliers d’arts plastiques ont lieu durant la première semaine des vacances pour des enfants à partir de 6 ans.

https://www.museedegrenoble.fr/

Photo : © Successio Miro – ADAGP Paris 2024 – RMN Grand Palais – image Centre Pompidou, MNAM

Tableau : Personnages devant le soleil (1963)

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